le riz pourrait devenir cancérigène à cause de l’arsenic

Réchauffement climatique : le riz pourrait devenir cancérigène à cause de l’arsenic

Alors que les effets du dérèglement climatique se multiplient, une nouvelle alerte vient toucher un aliment que des milliards de personnes consomment chaque jour : le riz. Derrière ses airs inoffensifs, ce pilier de l’alimentation mondiale pourrait, dans certaines conditions, devenir un vecteur d’exposition inquiétant à l’arsenic.

Une présence naturelle, mais amplifiée par le climat

On le sait peu, mais le riz contient naturellement de l’arsenic, un élément présent dans le sol et l’eau. Ce métal lourd y est absorbé par les racines, notamment dans les rizières inondées où l’eau stagnante favorise son transfert vers la plante. Ce phénomène, déjà connu, est étroitement lié à l’activité de certaines bactéries, qui facilitent ce passage de l’arsenic du sol vers les grains de riz.

Le problème ? Avec la hausse des températures et l’augmentation du taux de CO₂ dans l’atmosphère, ces bactéries prolifèrent plus rapidement. Résultat : le niveau d’arsenic dans le riz augmente, créant un risque sanitaire non négligeable pour les populations les plus exposées.

Une menace silencieuse pour les gros consommateurs

Pour les consommateurs occasionnels, le risque reste très limité. Mais dans certaines régions du monde, notamment en Asie du Sud-Est, le riz est consommé à des niveaux qui rendent ce phénomène préoccupant. Au Vietnam, en Thaïlande ou au Cambodge, certaines personnes ingèrent jusqu’à 1 kilo de riz par jour, soit près de 300 kilos par an.

À ces quantités, une exposition chronique à l’arsenic, même à faible dose, pourrait entraîner une augmentation des risques de cancer, en particulier du poumon et de la vessie. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) classe d’ailleurs l’arsenic inorganique comme substance cancérigène avérée, et recommande de limiter son ingestion autant que possible.

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Une réalité encore trop peu prise en compte

Ce lien entre changement climatique et concentration d’arsenic dans le riz pose une question plus large : celle de l’adaptation de nos modèles agricoles à un environnement en mutation. Car si le riz reste une ressource vitale pour des millions de personnes, la qualité de sa culture pourrait rapidement devenir un enjeu de santé publique.

Des solutions existent, comme l’amélioration des pratiques d’irrigation, la sélection de variétés moins sensibles à l’arsenic, ou encore le développement de techniques de cuisson réduisant les résidus. Mais ces approches demandent des investissements, de la sensibilisation et des politiques agricoles adaptées.

En résumé, ce que révèle cette étude, c’est l’effet en cascade du changement climatique sur notre santé via des mécanismes invisibles mais bien réels. Le riz, aliment symbole de stabilité et de simplicité, pourrait devenir un marqueur inquiétant d’un dérèglement plus vaste. Une raison de plus pour accélérer les efforts dans la lutte contre le réchauffement.

Marie Reynaud est rédactrice web spécialisée dans la cuisine japonaise, et plus particulièrement l’univers raffiné des sushis. Elle collabore avec des sites dédiés à la gastronomie nippone, où elle partage son expertise sur les techniques de préparation, les ingrédients traditionnels et les subtilités culturelles liées à cet art culinaire.

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