Le riz, un aliment de base pour de nombreuses cultures, contient malheureusement des traces d’arsenic, un poison invisible. Heureusement, il existe des méthodes simples pour réduire sa présence et ainsi préserver notre santé.
Pourquoi le riz contient-il de l’arsenic ?
Le riz est un aliment apprécié pour sa richesse en nutriments, mais il a un défaut majeur : il est l’une des céréales les plus contaminées par l’arsenic, notamment sous sa forme inorganique, qui est beaucoup plus toxique pour l’organisme que l’arsenic organique. Cette contamination est liée aux conditions de culture du riz. En effet, cette céréale est souvent cultivée dans des rizières où l’eau stagnante favorise l’absorption de l’arsenic provenant du sol, souvent saturé de ce poison, particulièrement dans certaines régions où les sols sont naturellement plus riches en arsenic.
Le réchauffement climatique, en augmentant la fréquence et l’intensité des inondations, pourrait encore aggraver cette situation. Il devient donc essentiel de savoir comment préparer et cuire le riz de manière à réduire l’exposition à ce danger, tout en préservant ses bienfaits nutritionnels. Une étude parue en 2021 offre des réponses intéressantes à ce sujet.
La méthode PBA : une solution efficace pour réduire l’arsenic
Une étude menée par Manoj Menon et son équipe, publiée dans la revue Science of the Total Environment, a comparé plusieurs méthodes de cuisson du riz pour en éliminer l’arsenic. Parmi celles-ci, la méthode dite PBA (paraboiled and absorbed), ou « cuisson par étuvage avec absorption », s’est révélée particulièrement efficace. Cette technique permet d’éliminer jusqu’à 73 % de l’arsenic dans le riz blanc, et 54 % dans le riz brun, tout en conservant une majorité des nutriments essentiels présents dans le riz.
La méthode PBA consiste en une cuisson en deux étapes. La première permet de retirer l’arsenic contenu dans le riz, tandis que la deuxième poursuit la cuisson du riz déjà partiellement nettoyé. Voici les étapes à suivre pour appliquer cette méthode chez soi :
- Faire bouillir de l’eau (utilisez de l’eau du robinet, soit 4 tasses d’eau pour chaque tasse de riz).
- Ajouter le riz à l’eau bouillante et le cuire pendant environ 5 minutes.
- Vider l’eau : c’est l’eau de cuisson contenant l’arsenic.
- Ajouter de l’eau fraîche (environ 2 tasses d’eau pour chaque tasse de riz).
- Poursuivre la cuisson à feu moyen ou doux, avec le couvercle, jusqu’à ce que l’eau restante soit absorbée.
Cette méthode simple permet de réduire efficacement la quantité d’arsenic tout en préservant une grande partie des éléments nutritifs du riz.
Les avantages de la méthode PBA
D’après Manoj Menon, cette méthode de cuisson est une excellente nouvelle pour tous les consommateurs de riz, car elle permet d’éliminer l’arsenic tout en préservant les valeurs nutritionnelles de cette céréale. L’objectif de cette étude était de trouver un moyen de réduire l’arsenic dans le riz sans compromettre ses bénéfices en termes de calcium, fer et autres nutriments essentiels. La méthode est facile à appliquer à la maison et peut être intégrée à la cuisine quotidienne.
Elle est particulièrement recommandée pour les enfants et les bébés, qui sont plus vulnérables aux effets de l’arsenic que les adultes. En effet, leur système immunitaire et leur métabolisme en développement les rend plus susceptibles aux risques liés à cette toxicité.
Conclusion : réduire l’arsenic tout en préservant les bienfaits du riz
Le riz reste une source importante de nutriments pour de nombreuses personnes à travers le monde, mais il est essentiel de le préparer correctement pour en limiter les risques pour la santé. En appliquant la méthode de cuisson PBA, vous pouvez considérablement réduire la quantité d’arsenic dans votre riz, tout en conservant ses qualités nutritionnelles. Ainsi, même si l’arsenic demeure un risque pour la santé, il est possible de continuer à consommer du riz en toute sécurité en ajustant simplement la manière dont il est cuit.

Marie Reynaud est rédactrice web spécialisée dans la cuisine japonaise, et plus particulièrement l’univers raffiné des sushis. Elle collabore avec des sites dédiés à la gastronomie nippone, où elle partage son expertise sur les techniques de préparation, les ingrédients traditionnels et les subtilités culturelles liées à cet art culinaire.


